SYNCHRO et DFAM

Le DFAM (Drummer From Another Mother) de Moog est une machine semi-modulaire fascinante que l’on ne présente plus, mais sa synchronisation avec d’autres équipements peut vite devenir un casse-tête.

Le problème au cœur du DFAM : pas de MIDI natif

Contrairement à la majorité des équipements modernes, le DFAM ne dispose d’aucune connectique MIDI en natif. Pas d’entrée MIDI DIN, pas d’USB MIDI. Il communique exclusivement via des signaux de tension analogiques (CV/Gate), ce qui est fidèle à la philosophie modulaire Eurorack, mais crée une barrière immédiate dès qu’on veut l’intégrer dans un setup plus conventionnel. Même en full analogique, l’absence d’entrée RESET se fait cruellement ressentir.

Un séquenceur interne sans reset

Le DFAM embarque son propre séquenceur 8 pas, et dispose bien d’une entrée Run/Stop pour le démarrer et l’arrêter depuis une source externe. Mais il manque l’essentiel : une entrée Reset. Sans elle, impossible de forcer le séquenceur à repartir du pas 1 au moment voulu — par exemple, au lancement du transport dans un DAW. Le DFAM repart là où il s’est arrêté, créant des décalages de phase imprévisibles qui rendent la gestion des arrangements très aléatoire.

La naissance de THRALL : du prototype à la solution

Avant d’imaginer un produit, il y avait une question simple : est-ce que ça marche vraiment ?
La réponse est venue d’un module Eurorack maison, basé sur Arduino, avec un firmware minimal; pas d’architecture sophistiquée, juste le strict nécessaire pour obtenir une synchronisation exploitable. Le résultat a été immédiat. Si immédiat, même, que ce prototype rudimentaire a tourné un bon moment dans mon setup. Comme souvent, ce qui est efficace dure.
Mais à force de l’utiliser, une évidence s’est imposée : l’idée méritait mieux qu’un bout de code planqué dans un module générique. Elle méritait un outil dédié, pensé dès le départ pour cette fonction, une ergonomie qui va droit au but, une fiabilité sans compromis, une place claire dans un système.
C’est cette maturation qui a donné naissance à THRALL. Pas une révolution, plutôt le passage du « ça marche , c’est cool » à quelque chose de propre, de stable. Un pont entre le monde synchronisé du MIDI, et la machine organique qu’est le DFAM.
L’obsession qui a guidé le développement est simple : faire en sorte que quand on appuie sur Start, tout parte ensemble, et que la musique prenne le relais.

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